Saisie immobilière copropriété : Comment fonctionnent l’impayé des charges en copropriété ?

Par Christophe GIRALT22 février 202647 min de lectureVente à Réméré
En résumé :

Le fonctionnement de la copropriété et du syndic : comprendre les acteurs clés

Avant d’aborder la saisie immobilière en copropriété, il est essentiel de comprendre comment fonctionne une copropriété et quels sont les rôles respectifs de ses acteurs. Cette organisation juridique, encadrée par la loi du 10 juillet 1965, détermine qui peut décider d’engager une procédure de saisie et selon quelles modalités.

Le syndicat des copropriétaires : la personne morale de la copropriété

Définition juridique

Le syndicat des copropriétaires est l’organe central de toute copropriété. Conformément à l’article 14 de la loi du 10 juillet 1965, « la collectivité des copropriétaires est constituée en un syndicat qui a la personnalité civile ». Cette personnalité juridique lui permet d’agir en justice, de contracter et de gérer les parties communes.

Missions principales selon le Service Public :
  • Conservation et amélioration de l’immeuble
  • Administration des parties communes
  • Gestion financière (budget prévisionnel, charges, fonds de travaux)
  • Représentation collective des copropriétaires
  • Engagement de procédures judiciaires (dont la saisie immobilière)

Responsabilité : Le syndicat est responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers ayant leur origine dans les parties communes.

Exemple concret : Dans une copropriété de 60 lots à Toulouse, un copropriétaire accumule 16 500 € de charges impayées.

C’est le syndicat des copropriétaires (et non le syndic seul) qui est créancier et qui peut décider d’engager une saisie immobilière. 

Le syndic de copropriété : l’organe exécutif

Le syndic est le gestionnaire opérationnel de la copropriété. Il existe trois modèles de gestion selon les missions du syndic :

Le syndic professionnel

Le syndic professionnel est une société externe rémunérée par la copropriété pour gérer l’immeuble.

Conditions d’exercice obligatoires d’après le Service Public :
  • Détenir une carte professionnelle délivrée par la CCI
  • Justifier d’une garantie financière (protection contre les détournements)
  • Souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle
Avantages :
  • Expertise technique et juridique
  • Disponibilité et moyens professionnels
  • Gestion de plusieurs copropriétés
Inconvénients :
  • Coût élevé (honoraires annuels de 800 à 3 000 € selon la taille de la copropriété)
  • Parfois moins impliqué personnellement
Données chiffrées : En France, environ 85 % des copropriétés font appel à un syndic professionnel selon Matera.

Le syndic bénévole

Un copropriétaire élu en assemblée générale qui prend la qualité de syndic. Il peut être rémunéré après approbation de l’AG.

Avantages :
  • Économie substantielle (pas d’honoraires si bénévole)
  • Connaissance intime de l’immeuble
  • Réactivité immédiate
Inconvénients :
  • Responsabilité importante
  • Compétences techniques parfois limitées
  • Temps nécessaire conséquent

Le syndic coopératif

Dans ce modèle, le président du conseil syndical détient la qualité de syndic, mais tous les conseillers syndicaux participent à la gestion collective de la copropriété.

Avantages d’après Matera :
  • Gestion transparente et collaborative
  • Économie moyenne de 30 % sur les charges de copropriété
  • Implication forte des copropriétaires
Conditions :
  • Nécessite un conseil syndical actif (minimum 3 membres)
  • Adoption à la majorité absolue (article 25)
Exemple de transition : Une copropriété lyonnaise de 28 lots payait 2 400 €/an à un syndic professionnel.
En passant en syndic coopératif en 2024, elle économise désormais ces honoraires et investit 800 €/an dans des outils de gestion digitaux, soit une économie nette de 1 600 €/an (66 % de réduction).

Les missions du syndic : gestion administrative, financière et technique

Le syndic, quel que soit son statut, assure trois grandes catégories de missions définies par l’article 18 de la loi de 1965 :

Gestion administrative

 
MissionDétailsPériodicité
Convocation assemblées généralesPréparation ordre du jour, envoi convocations (21 jours avant AG)Minimum 1/an
Rédaction procès-verbauxCompte-rendu des décisions votéesAprès chaque AG
Tenue carnet d’entretienHistorique des travaux et interventionsMise à jour continue
Immatriculation registreEnregistrement au Registre National des CopropriétésObligation permanente
Information des occupantsAffichage décisions, règles de tri déchetsContinue

Gestion financière et comptable selon Matera :

Budget prévisionnel :
  • Élaboration en concertation avec le conseil syndical
  • Vote en assemblée générale (article 24)
  • Appels de fonds trimestriels ou selon modalités fixées par l’AG
Tenue de la comptabilité :
  • Enregistrement de toutes dépenses et recettes
  • Établissement des comptes annuels
  • Situation de chaque copropriétaire (charges payées/impayées)
Comptes bancaires obligatoires d’après le Service Public :
  • Compte séparé au nom du syndicat (sous 3 mois après désignation)
  • Compte dédié au fonds de travaux (depuis la loi Climat et Résilience 2021)
  • Interdiction de compenser avec d’autres comptes
Sanction : La non-ouverture de ces comptes entraîne la nullité de plein droit du mandat du syndic selon la loi de 1965.
Recouvrement des charges d’après le Cabinet Tumerelle :
  • Envoi des appels de fonds
  • Relances amiables des impayés
  • Procédures judiciaires de recouvrement (dont la saisie immobilière)
Exemple de budget : Copropriété de 45 lots à Marseille
 
PosteMontant annuel% du budget
Honoraires syndic3 200 €15 %
Assurances immeuble4 500 €21 %
Entretien/nettoyage5 800 €27 %
Électricité parties communes2 100 €10 %
Ascenseur (maintenance)3 600 €17 %
Eau parties communes1 200 €6 %
Divers (gardiennage, réparations)900 €4 %
Budget total21 300 €100 %
Charges moyennes par lot : 473 €/an (≈ 39,50 €/mois)

Gestion technique

  • Entretien courant des parties communes
  • Souscription contrats de maintenance (ascenseur, chaudière, etc.)
  • Travaux d’urgence sans autorisation préalable (article 18) si nécessaire pour sauvegarder l’immeuble
  • Suivi des diagnostics techniques obligatoires
Point crucial pour la saisie : C’est le syndic qui met en demeure les copropriétaires défaillants, mais seul le syndicat des copropriétaires (via un vote en AG) peut autoriser l’engagement d’une procédure de saisie immobilière.

Le conseil syndical : contrôle et assistance

Le conseil syndical joue un rôle de contrôle et d’assistance du syndic, conformément à l’article 21 de la loi de 1965.

Composition

Membres : 3 à 7 copropriétaires généralement, élus en assemblée générale selon 123 Syndic
Peuvent être membres d’après la loi :
  • Copropriétaires
  • Leurs ascendants ou descendants
  • Leurs conjoints ou partenaires PACS
  • Les accédants ou acquéreurs à terme
  • Leurs représentants légaux ou usufruitiers
Ne peuvent PAS être membres selon la loi de 1965 :
  • Le syndic professionnel et ses préposés
  • Leurs conjoints, partenaires PACS, concubins
  • Leurs ascendants, descendants et collatéraux jusqu’au 2e degré
Président : Élu parmi les membres du conseil syndical

Missions principales selon le Service Public :

1. Contrôle de la gestion du syndic
  • Vérification des comptes et factures
  • Examen de l’exécution des contrats
  • Accès à tous documents de la copropriété
  • Contrôle du respect du règlement de copropriété
Sanctions en cas de refus du syndic : Si le syndic ne transmet pas les documents demandés dans un délai d’1 mois, des pénalités de 15 € par jour de retard sont déduites de sa rémunération forfaitaire annuelle d’après la loi.
2. Assistance du syndic
  • Concertation pour l’élaboration du budget prévisionnel
  • Avis sur les projets de travaux
  • Mise en concurrence des contrats de syndic (obligation légale)
  • Consultation obligatoire pour les marchés au-delà d’un certain montant (fixé par l’AG)
3. Émission d’avis consultatifs
  • Sur toute question concernant le syndicat
  • Sur les projets de contrat de syndic
  • Sur les devis de travaux importants
Exemple de contrôle efficace : Dans une copropriété bordelaise de 52 lots, le conseil syndical examine les factures et détecte qu’un contrat de maintenance d’ascenseur est renouvelé automatiquement à un tarif 35 % supérieur au marché. Il demande une mise en concurrence, permettant une économie de 1 200 €/an pour la copropriété.

Délégation de pouvoirs possible selon la loi de 1965 :

Depuis l’ordonnance de 2019, le conseil syndical (avec minimum 3 membres) peut recevoir une délégation de pouvoirs pour prendre certaines décisions relevant de la majorité simple (article 24), à condition que :
  • La délégation soit votée à la majorité absolue (article 25)
  • Elle ne porte ni sur l’approbation des comptes, ni sur le budget prévisionnel
  • Un budget maximum soit fixé par l’AG
  • Durée maximale : 2 ans renouvelable
Le syndicat doit souscrire une assurance responsabilité civile pour chaque membre du conseil syndical.

L’assemblée générale : l’organe décisionnel suprême

L’assemblée générale (AG) est l’organe décisionnel de la copropriété. Elle réunit tous les copropriétaires au moins une fois par an selon le Service Public.

Convocation et déroulement

Délai de convocation : 21 jours minimum avant la date de l’AG d’après la loi de 1965
Documents joints :
  • Ordre du jour détaillé
  • Projets de résolutions
  • Comptes de l’exercice précédent (pour l’AG annuelle)
  • Budget prévisionnel
  • Devis de travaux éventuels
Participation possible selon la loi :
  • Présence physique
  • Visioconférence ou moyens électroniques
  • Vote par correspondance avant l’AG
  • Représentation par mandataire (maximum 3 mandats par personne, sauf exceptions)
Présidence : En général, le syndic préside l’AG, sauf disposition contraire du règlement de copropriété.

Les trois majorités de vote d’après le Service Public :

Le système des majorités en copropriété est complexe mais crucial, notamment pour voter la saisie immobilière.
 
Type de majoritéArticleCalculDécisions concernées (exemples)
Majorité simple (ou article 24)Article 24Majorité des voix exprimées (présents + représentés + vote correspondance)• Travaux conservatoires
• Budget prévisionnel
• Comptes annuels
• Contrats fournisseurs
Majorité absolue (ou article 25)Article 25Majorité de toutes les voix (présents + absents)• Désignation/révocation syndic
• Autorisation travaux importants
• Principe de la saisie immobilière
• Travaux d’économie d’énergie
Double majorité (ou article 26)Article 26Majorité des copropriétaires représentant 2/3 des voix• Modification règlement copropriété
• Changement destination immeuble
• Actes de disposition parties communes
UnanimitéArticle 26100 % des voix (tous copropriétaires)• Modification répartition charges
• Suppression parties communes
• Aliénation parties communes essentielles
Exemple de calcul : Copropriété de 35 lots = 1 000 tantièmes (voix)
AG du 15 mars 2026 :
  • Présents ou représentés : 650 tantièmes (65 %)
  • Absents : 350 tantièmes (35 %)
Résolution A : Approbation des comptes (article 24 – majorité simple)
  • Pour : 520 voix / Contre : 100 voix / Abstention : 30 voix
  • Résolution ADOPTÉE (520 > 310, soit la majorité des 650 voix exprimées)
Résolution B : Principe de saisie immobilière lot n°12 (article 25 – majorité absolue)
  • Pour : 540 voix / Contre : 80 voix / Abstention : 30 voix
  • Résolution ADOPTÉE (540 > 500, soit la majorité des 1 000 voix de la copropriété, même avec 350 absents)
Résolution C : Même résolution B avec un autre résultat
  • Pour : 480 voix / Contre : 140 voix / Abstention : 30 voix
  • Résolution REJETÉE (480 < 500, majorité absolue non atteinte)

Procès-verbal et contestations

Le syndic rédige le procès-verbal de l’AG et l’envoie à tous les copropriétaires dans les 2 mois suivant la séance selon le Service Public.
Délai de contestation : Les copropriétaires absents ou opposants peuvent contester une décision devant le tribunal judiciaire dans un délai de 2 mois à compter de la notification du PV d’après la loi de 1965.

Les charges de copropriété : le cœur du financement

Les charges de copropriété financent le fonctionnement et l’entretien de l’immeuble. Leur impayé chronique conduit à la saisie immobilière.

Les deux catégories de charges selon Matera :

1. Les charges courantes (budget prévisionnel)
Charges générales : concernent tous les copropriétaires
  • Honoraires du syndic
  • Assurances de l’immeuble
  • Frais d’entretien et de nettoyage
  • Petits travaux de rénovation
Charges spéciales : concernent uniquement les utilisateurs
  • Maintenance ascenseur (uniquement étages supérieurs)
  • Chauffage collectif
  • Gardiennage (si applicable)
Répartition : Proportionnelle aux tantièmes de parties communes (quote-part), sauf pour les charges spéciales d’après la loi de 1965.
2. Les charges exceptionnelles (hors budget prévisionnel)
  • Gros travaux de ravalement
  • Remplacement chaudière collective
  • Travaux de rénovation énergétique
  • Remplacement revêtement parties communes
Vote : Par résolution spécifique en AG, aux majorités requises selon la nature des travaux (article 24, 25 ou 26).
Exemple de répartition : Immeuble de 12 lots – Charges annuelles totales : 15 600 €
 
CopropriétaireTantièmesCharges générales (12 000 €)Ascenseur (3 600 €)Total annuelMensuel
M. Dupont (RDC)100/1000 (10 %)1 200 €0 € (RDC exempté)1 200 €100 €
Mme Martin (1er)80/1000 (8 %)960 €288 €1 248 €104 €
M. Durand (5e étage)120/1000 (12 %)1 440 €432 €1 872 €156 €
M. Durand paie davantage car son lot a une quote-part supérieure (surface plus grande) et il utilise l’ascenseur.

Les conséquences de l’impayé

Procédure en cascade selon le Cabinet Tumerelle :
  1. Relance amiable : Lettre simple du syndic rappelant l’échéance
  2. Mise en demeure : LRAR avec délai de 30 jours
  3. Injonction de payer : Demande au tribunal judiciaire (procédure simplifiée)
  4. Saisies mobilières : Comptes bancaires, loyers perçus, salaires
  5. Saisie immobilière : Procédure exceptionnelle et ultime recours
Accumulation rapide : Un copropriétaire qui ne paie pas ses charges pendant 3 ans peut accumuler une dette de 4 500 € (charges) + 800 € (intérêts) + 1 200 € (frais de procédure) = 6 500 € au total, justifiant potentiellement une saisie si son lot a une valeur suffisante.

Tableau récapitulatif : qui fait quoi en copropriété ?

 
OrganeStatut juridiqueFonction principalePouvoir de décisionRôle dans la saisie
Syndicat des copropriétairesPersonne moralePropriété collectiveVote en AG selon majoritésCréancier et décideur de la saisie
SyndicReprésentant légalGestion exécutiveExécute les décisions AGInitie la procédure sur mandat AG
Conseil syndicalOrgane de contrôleAssistance et contrôleConsultatif (sauf délégation)Vérifie la régularité procédurale
Assemblée généraleOrgane décisionnelPrend les décisionsSouverain selon majoritésVote les 4 résolutions obligatoires
CopropriétairesMembres du syndicatPropriété individuelle + quote-partVote en AGVotent (sauf le débiteur visé)

Sed laeditur hic coetuum magnificus splendor levitate paucorum incondita, ubi nati sunt non reputantium, sed tamquam indulta licentia vitiis ad errores lapsorum ac lasciviam. ut enim Simonides lyricus docet, beate perfecta ratione vieturo ante alia patriam esse convenit gloriosam.. vitiis ad errores lapsorum ac lasciviam. ut enim Sed laeditur hic coetuum magnificus splendor levitate paucorum incondita, ubi nati sunt non reputantium, sed tamquam indulta licentia vitiis ad errores lapsorum ac lasciviam. ut enim Simonides lyricus docet, beate perfecta ratione vieturo ante alia patriam esse convenit gloriosam.. vitiis ad errores lapsorum ac lasciviam. ut enim.

Qu’est-ce que la saisie immobilière en copropriété ?


La saisie immobilière en copro est une procédure compliquée. Qui peut déclencher ? Quelle différence avec les autres procédures de saisie.

Définition et principes fondamentaux

La saisie immobilière en copropriété est une procédure de vente forcée d’un lot appartenant à un copropriétaire débiteur, organisée par adjudication judiciaire devant le juge de l’exécution. Cette mesure d’exécution forcée repose sur deux principes juridiques essentiels inscrits à l’article L.111-7 du Code des procédures civiles d’exécution :
  • Le principe de proportionnalité : la saisie doit être proportionnée au montant de la dette
  • Le principe de subsidiarité : elle constitue le dernier recours après épuisement des autres voies d’exécution
En pratique, une saisie immobilière est rarement engagée pour une dette inférieure à 10 000 € compte tenu des coûts importants de la procédure selon le Cabinet Tumerelle. Le juge de l’exécution vérifie systématiquement que les autres mesures de recouvrement (saisie sur compte bancaire, saisie des loyers) ont été tentées sans succès.
Exemple concret : Dans une copropriété lyonnaise de 45 lots, un copropriétaire accumule 18 500 € de charges impayées sur 3 ans. Le syndic tente d’abord une saisie sur compte bancaire (récupération de 2 300 €) puis une saisie des loyers perçus (800 € par mois pendant 6 mois). Le solde restant de 13 700 € justifie alors l’engagement d’une procédure de saisie immobilière, le juge considérant que les autres voies sont insuffisantes.

Qui peut déclencher une saisie immobilière en copropriété ?

Le syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic, constitue le créancier le plus courant dans ce type de procédure. Toutefois, d’autres créanciers peuvent également engager une saisie sur un lot de copropriété :
  • Les établissements bancaires titulaires d’un crédit hypothécaire
  • Le Trésor public pour des impôts impayés
  • Tout créancier disposant d’un titre exécutoire
Point différenciateur majeur : le syndicat bénéficie d’un super-privilège inscrit à l’article 2374 du Code civil. Ce privilège lui permet d’être payé en priorité sur tous les autres créanciers, y compris la banque, pour les charges de l’année en cours et des deux années antérieures. Pour les années supplémentaires (jusqu’à quatre ans au total), le syndicat conserve un privilège mais entre en concurrence avec les créanciers hypothécaires selon Pernaud & Associés.
Exemple de hiérarchie des créances : Un lot vendu 200 000 € en 2026 avec les créances suivantes :
  • Banque : prêt hypothécaire de 150 000 €
  • Syndicat : 15 000 € (5 000 € pour 2026 + 4 000 € pour 2025 + 3 000 € pour 2024 + 2 000 € pour 2023 + 1 000 € pour 2022)
Distribution du prix :
  1. Super-privilège syndicat (2026 + 2025 + 2024) : 12 000 € payés en priorité absolue
  2. Banque hypothécaire : 150 000 €
  3. Privilège syndicat restant (2023 + 2022) : 3 000 € en concurrence avec la banque
  4. Frais de vente : ~15 000 €
Montant disponible pour distribution : 200 000 – 15 000 (frais) = 185 000 €. Le syndicat récupère ses 12 000 € en priorité, la banque reçoit 150 000 €, il reste 23 000 € pour les 3 000 € restants du syndicat (intégralement payés) et un reliquat éventuel pour le débiteur.

Saisie immobilière vs les autres saisie  : quelles différences ?

Il est essentiel de distinguer la saisie immobilière des autres voies d’exécution :
 
CritèreSaisie immobilièreSaisie bancaireSaisie des loyersSaisie sur salaire
ObjetBien immobilierComptes bancairesLoyers perçusRémunération
ProcédureJudiciaire obligatoireExtra-judiciaireExtra-judiciaireJudiciaire simplifiée
Délai moyen12 à 24 mois selon PraxiFinance15 jours1 à 3 mois2 à 4 mois
Coût10 000 à 25 000 €150 à 300 €300 à 800 €200 à 500 €
SubsidiaritéDernier recoursPremière mesureMesure intermédiaireMesure complémentaire
Montant minimum>10 000 €Aucun>1 000 €>500 €
La saisie immobilière ne peut être engagée que si le juge constate que les autres voies ont été épuisées ou sont manifestement insuffisantes pour désintéresser le créancier.

Les conditions obligatoires avant toute saisie

Quelles sont les conditions obligatoires avant de procéder à une saisie immobilières ? plusieurs conditions doivent êtres réunies. les voici !

Obtenir un titre exécutoire

Avant d’engager une saisie immobilière, le syndicat doit impérativement disposer d’un titre exécutoire constatant une créance liquide (montant déterminé) et exigible (délai de paiement expiré), conformément à l’article L311-2 du Code des procédures civiles d’exécution.
Ce titre peut prendre plusieurs formes :
  • Jugement du tribunal judiciaire condamnant le copropriétaire
  • Ordonnance d’injonction de payer devenue définitive
  • Procès-verbal de conciliation homologué
Attention : ne pas confondre l’injonction de payer (procédure simplifiée) avec le jugement au fond. L’injonction permet d’obtenir rapidement un titre mais le débiteur dispose d’un délai d’un mois pour contester selon le Cabinet Tumerelle.
Cas pratique : Le syndic d’une copropriété marseillaise engage une procédure d’injonction de payer en octobre 2025 pour 12 400 € de charges impayées. L’ordonnance est rendue en novembre 2025. Le copropriétaire ne conteste pas dans le délai d’un mois. En décembre 2025, l’ordonnance devient définitive et constitue un titre exécutoire. Le syndic peut alors, après tentative de saisies mobilières, engager la saisie immobilière en février 2026.

Le vote obligatoire de l’assemblée générale

La saisie immobilière présente une particularité unique parmi les voies d’exécution : elle nécessite un vote en assemblée générale des copropriétaires, conformément à l’article 55 du décret du 17 mars 1967. Cette assemblée doit voter quatre résolutions distinctes :
  1. Le principe de la saisie sur le lot désigné du copropriétaire défaillant
  2. Le montant de la mise à prix du bien lors de l’adjudication
  3. Le montant des créances définitivement irrécouvrables (à provisionner en charges douteuses)
  4. Le budget de la procédure (honoraires d’avocat, commissaire de justice, frais de publicité)
Exemple de résolutions votées en AG :
Résolution n°8 : « L’assemblée générale autorise le syndic à engager une procédure de saisie immobilière à l’encontre de M. Dupont, propriétaire du lot n°23, pour récupérer les charges impayées s’élevant à 14 800 €. »
  • Pour : 540 tantièmes / Contre : 120 tantièmes / Abstention : 40 tantièmes
  • Résolution adoptée à la majorité de l’article 24
Résolution n°9 : « L’assemblée générale fixe la mise à prix du lot n°23 à 145 000 €, soit environ 70 % de sa valeur vénale estimée à 210 000 €. »
  • Pour : 520 tantièmes / Contre : 100 tantièmes / Abstention : 80 tantièmes
  • Résolution adoptée
Résolution n°10 : « L’assemblée générale provisionne en créances douteuses la somme de 5 000 € correspondant aux charges des années 2022 et 2023, compte tenu de l’ordre de priorité des créanciers. »
  • Pour : 480 tantièmes / Contre : 180 tantièmes / Abstention : 40 tantièmes
  • Résolution adoptée
Résolution n°11 : « L’assemblée générale approuve le budget prévisionnel de la procédure à hauteur de 18 500 € TTC, comprenant les honoraires d’avocat (8 000 €), les frais de commissaire de justice (2 500 €), les frais de publicité (1 200 €) et divers frais annexes. »
  • Pour : 510 tantièmes / Contre : 150 tantièmes / Abstention : 40 tantièmes
  • Résolution adoptée
⚠️ Piège juridique fréquent : certains syndics font voter l’intégralité de la dette (14 800 € dans l’exemple) en « créances douteuses » pour simplifier la comptabilité. Cette pratique est illégale car elle méconnaît le calcul précis du super-privilège. Seules les sommes dont le recouvrement est réellement incertain (années anciennes en concurrence avec la banque) doivent être provisionnées en créances douteuses.

L’obligation d’un avocat

La saisie immobilière impose le recours obligatoire à un avocat inscrit au barreau du ressort où se situe l’immeuble (règle de postulation stricte). Un bien situé à Lyon exige un avocat du barreau de Lyon, sans possibilité de multipostulation.
Cette obligation s’applique également aux enchérisseurs lors de l’audience d’adjudication : seul un avocat peut porter les enchères d’après le Code des procédures civiles d’exécution.
Coût de la représentation : Les honoraires d’avocat varient considérablement selon la complexité du dossier :
  • Procédure simple sans contestation : 3 000 à 5 000 € HT
  • Procédure avec contestations multiples : 6 000 à 10 000 € HT
  • Procédure avec appel : +2 000 à 4 000 € HT par instance

La procédure de saisie immobilière étape par étape

La saisie d’un ppartement en copro se déroule en plusieurs étapes que voici.

Étape 1 : Le commandement de payer valant saisie

La procédure débute par la délivrance d’un commandement de payer valant saisie, acte signifié par un commissaire de justice (anciennement huissier) au domicile du copropriétaire débiteur selon le Service Public.
Contenu obligatoire du commandement :
  • Identité du créancier poursuivant et de son avocat
  • Titre exécutoire justifiant la poursuite
  • Décompte détaillé des sommes réclamées (principal, intérêts, frais)
  • Désignation précise du lot saisi
  • Délai de 8 jours pour régulariser la situation
Exemple de décompte dans le commandement :
 

DÉCOMPTE DES SOMMES DUES AU 15 FÉVRIER 2026

Principal (charges impayées) :
– Année 2026 (T1) : 1 250,00 €
– Année 2025 : 4 800,00 €
– Année 2024 : 4 200,00 €
– Année 2023 : 3 100,00 €
– Année 2022 : 1 450,00 €
TOTAL PRINCIPAL : 14 800,00 €

Intérêts de retard (taux légal 3,15%) :
– Sur créances 2022-2023 : 856,00 €
– Sur créances 2024-2025 : 421,00 €
TOTAL INTÉRÊTS : 1 277,00 €

Frais de recouvrement amiable :
– Mises en demeure : 180,00 €
– Frais de poursuite : 240,00 €
TOTAL FRAIS : 420,00 €

TOTAL GÉNÉRAL DÛ : 16 497,00 €

Effets immédiats du commandement d’après le Code des procédures civiles d’exécution :
  • Publication au service de publicité foncière dans un délai maximal de 2 mois
  • Indisponibilité du bien : le copropriétaire ne peut plus vendre ni hypothéquer son lot
  • Saisie des fruits : les loyers éventuels sont bloqués
La publication au fichier immobilier rend la saisie opposable aux tiers. À partir de cette date, toute vente nécessiterait l’autorisation du juge de l’exécution.
Coût de cette étape :
  • Signification du commandement : 150 à 250 €
  • Publication au fichier immobilier : 180 à 350 €
  • Total : ~330 à 600 €

Étape 2 : La dénonciation aux créanciers inscrits

Le syndicat doit informer tous les créanciers inscrits (banques, autres créanciers hypothécaires) de l’existence de la procédure. Ces créanciers peuvent alors se « greffer » sur la saisie pour faire valoir leurs propres créances lors de la distribution du prix d’après le Code.
Cette étape crée un risque de concurrence entre créanciers sur la distribution finale des fonds issus de la vente.
Exemple de dénonciation : Sur le lot n°23, le service de publicité foncière révèle :
  • Hypothèque conventionnelle au profit de la Banque Populaire (prêt de 165 000 € contracté en 2018)
  • Hypothèque judiciaire au profit du Trésor Public (redressement fiscal de 8 500 €)
  • Privilège du syndicat (charges impayées : 14 800 €)
Le syndic doit dénoncer le commandement à ces deux créanciers inscrits, qui disposent de 2 mois pour déclarer leurs créances.

Étape 3 : L’assignation et l’audience d’orientation

Dans un délai de 1 à 3 mois avant la date fixée, le créancier poursuivant assigne le copropriétaire débiteur à comparaître devant le juge de l’exécution pour une audience d’orientation selon le Service Public.
À l’audience d’orientation, le juge :
  • Vérifie la validité de la procédure
  • Statue sur les éventuelles contestations
  • Fixe le montant définitif de la créance
  • Décide des modalités de poursuite : vente forcée ou vente amiable
Cas pratique – Audience d’orientation :
Tribunal judiciaire de Marseille, 15 mai 2026, audience d’orientation
Parties présentes :
  • Syndicat des copropriétaires du 12 rue Victor Hugo, représenté par Me Durand (avocat)
  • M. Dupont (copropriétaire débiteur), représenté par Me Martin (avocat)
  • Banque Populaire, représentée par Me Lefèvre (avocat)
Contestations soulevées :
  1. M. Dupont conteste 1 200 € de charges pour des travaux qu’il estime non votés en AG
  2. M. Dupont demande l’autorisation de vendre à l’amiable, justifiant d’un contact avec une agence immobilière
Décision du juge :
  • Rejet de la contestation sur les 1 200 € (travaux votés en AG du 18/03/2024)
  • Fixation de la créance définitive à 16 497 €
  • Autorisation de vente amiable pour 4 mois, prix minimum fixé à 180 000 €
  • Si échec de la vente amiable : vente forcée avec mise à prix de 145 000 €
Le copropriétaire débiteur peut, à ce stade, demander l’autorisation de vendre son bien à l’amiable plutôt que de subir une adjudication aux enchères.

Étape 4a : La vente amiable (option favorable au débiteur)

Si le juge autorise la vente amiable, le copropriétaire dispose d’un délai de 4 mois (prolongeable de 3 mois supplémentaires sur justification d’un compromis de vente) pour trouver un acquéreur d’après le Service Public.
Avantages de la vente amiable :
  • Prix de vente généralement 20 à 40 % supérieur à celui d’une adjudication
  • Préservation de la réputation du débiteur
  • Possibilité de négocier les conditions de vente
  • Conservation de l’excédent après désintéressement des créanciers
Exemple chiffré de vente amiable :
M. Dupont trouve un acquéreur à 195 000 € (valeur de marché : 210 000 €)
Distribution du prix :
  • Prix de vente : 195 000 €
  • Frais de notaire (acquéreur) : -14 250 € (non déduits du prix vendeur)
  • Montant à distribuer : 195 000 €
Ordre de distribution :
  1. Frais de procédure taxés : 4 200 €
  2. Super-privilège syndicat (2024-2026) : 10 250 €
  3. Banque Populaire (hypothèque) : 165 000 €
  4. Privilège syndicat (2022-2023) : 4 550 €
  5. Trésor Public : 8 500 €
  6. Reliquat pour M. Dupont : 2 500 €
Sans vente amiable (adjudication à 145 000 €), M. Dupont n’aurait rien perçu et certains créanciers auraient été partiellement payés.
Si aucun acheteur n’est trouvé dans les délais impartis, le juge ordonne automatiquement la vente forcée.

Étape 4b : La vente forcée aux enchères (adjudication)

La vente forcée suit un protocole strict encadré par les articles R322-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution.
Publicité obligatoire (1 à 2 mois avant l’audience) :
  • Publication dans un journal d’annonces légales
  • Affichage au tribunal et sur le bien
  • Rédaction d’un cahier des conditions de vente (diagnostics, procès-verbaux d’AG des 3 dernières années, état des impayés)
Exemple de publicité légale :
 
VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES
Tribunal Judiciaire de MARSEILLE

LOT DE COPROPRIÉTÉ
Appartement T3 – 68 m² – 2ème étage
12 rue Victor Hugo, 13001 MARSEILLE
Copropriété de 45 lots – Charges annuelles : 1 800 €

MISE À PRIX : 145 000 €

AUDIENCE D’ADJUDICATION
Le mardi 15 octobre 2026 à 14h00
Palais de Justice de Marseille – Salle des Ventes

Visite sur RDV : Me Durand, avocat
Tél. : 04.XX.XX.XX.XX

Cahier des conditions consultable au greffe
Les enchères ne peuvent être portées que par avocat
Consignation préalable : 14 500 € (10% de la mise à prix)

Coût de la publicité :
  • Publication JAL : 400 à 800 €
  • Affichage au tribunal : 80 à 150 €
  • Affichage sur le bien : 120 à 200 €
  • Publication journaux locaux : 300 à 600 €
  • Total publicité : 900 à 1 750 €
Déroulement de l’adjudication d’après le Code :
  • Les enchères partent du montant de la mise à prix fixée par le créancier (145 000 €)
  • Chaque enchère doit être portée par un avocat
  • Les enchères sont arrêtées après 90 secondes sans nouvelle offre
  • L’adjudicataire dispose de 2 mois pour consigner le prix total
Scénario d’adjudication – Cas concret :
14h00 : Ouverture de l’audience par le juge de l’exécution 14h05 : Rappel des conditions (mise à prix 145 000 €, frais taxés 4 800 €) 14h10 : Ouverture des enchères
  • Me Bernard (pour M. Tanaka) : 145 000 € (enchère de départ)
  • Me Rousseau (pour Mme Petit) : 150 000 €
  • Me Bernard : 155 000 €
  • Me Rousseau : 160 000 €
  • Me Bernard : 162 000 €
  • [90 secondes d’attente sans nouvelle enchère]
14h15 : Adjudication prononcée au profit de M. Tanaka pour 162 000 € Obligations : consigner 162 000 € + 4 800 € (frais taxés) = 166 800 € sous 2 mois
Mécanisme de surenchère : dans les 10 jours suivant l’adjudication, toute personne peut déposer une surenchère d’au moins 10 % du prix principal selon le Service Public, soit 16 200 € minimum. Cette surenchère déclenche une nouvelle audience d’adjudication 2 à 4 mois plus tard.
Risque majeur : si aucun enchérisseur ne se manifeste, le syndicat devient adjudicataire de droit et doit payer la mise à prix (145 000 €), les frais (4 800 €) et les droits de mutation (~10 500 €), soit 160 300 € au total. Cette situation expose la copropriété à un risque financier considérable réparti entre tous les copropriétaires.

Étape 5 : La distribution du prix de vente

Une fois le bien vendu, le prix est distribué selon un ordre de priorité légal inscrit à l’article 2374 du Code civil :
Hiérarchie complète des créanciers :
  1. Superprivilège des salaires (si applicable – personnel employé par le copropriétaire)
  2. Frais de justice taxés (avocat, commissaire de justice, frais de publicité)
  3. Super-privilège du syndicat : année courante + 2 années antérieures
  4. Créanciers hypothécaires (banques, prêteurs de deniers)
  5. Privilège du syndicat : 2 années supplémentaires en concurrence
  6. Autres créanciers privilégiés (Trésor Public, etc.)
  7. Créanciers chirographaires (sans garantie)
  8. Reliquat au débiteur (si excédent)
Exemple de distribution – Adjudication à 162 000 € :
 
CréancierCréanceRangMontant perçuSolde
Frais de justice4 800 €14 800 €0 €
Syndicat (super-privilège 2024-2026)10 250 €210 250 €0 €
Banque Populaire165 000 €3147 450 €17 550 €
Syndicat (2022-2023)4 550 €40 €4 550 €
Trésor Public8 500 €50 €8 500 €
M. Dupont (débiteur)60 €
Bilan : Le syndicat récupère 10 250 € sur 14 800 € (69 % de sa créance). La banque perd 17 550 €. Le Trésor Public et M. Dupont ne récupèrent rien.
Si le prix de vente ne couvre pas l’intégralité des dettes, les créanciers moins bien classés ne récupèrent rien ou seulement une partie de leur créance. Le débiteur reste redevable du solde impayé auprès des créanciers non désintéressés.

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Durée et coûts réels d’une saisie immobilière en copropriété

La saisie peut durer plus ou moins longtemps selon les cas. le coût peut varier également.

Combien de temps dure la procédure ?

La durée totale d’une saisie immobilière varie considérablement selon les circonstances, mais s’établit en moyenne entre 12 et 24 mois Voici un tableau détaillé des délais par étape :
 
ÉtapeDélai minimalDélai maximalDélai moyen
Commandement de payer → publication15 jours2 mois6 semaines
Publication → assignation1 mois3 mois2 mois
Assignation → audience d’orientation1 mois3 mois2 mois
Vente amiable autorisée4 mois7 mois5,5 mois
Jugement d’orientation → adjudication2 mois4 mois3 mois
Surenchère éventuelle+4 mois+3 mois
Adjudication → consignation du prix15 jours2 mois6 semaines
Distribution du prix1 mois4 mois2,5 mois
TOTAL PROCÉDURE COMPLÈTE10,5 mois27 mois18 mois
Facteurs d’allongement des délais :
  • Contestations multiples du débiteur : +2 à 6 mois
  • Appel du jugement d’orientation : +3 à 5 mois
  • Surenchère : +3 à 4 mois
  • Encombrement des tribunaux : +1 à 3 mois (selon juridiction)
  • Difficultés de signification (débiteur introuvable) : +2 à 4 mois

Combien ça coûte ?

Les frais d’une saisie immobilière sont substantiels et se répartissent entre le créancier poursuivant et l’adjudicataire.
Détail exhaustif des frais du créancier poursuivant :
 
Poste de dépenseMontant% du budget
Honoraires avocat (postulation + plaidoirie)3 000 – 8 000 €40-50 %
Émoluments commissaire de justice1 500 – 3 000 €15-20 %
Frais de publicité (JAL + affiches + presse)900 – 1 750 €8-12 %
Frais de publication fichier immobilier180 – 400 €2-3 %
Frais de signification et dénonciation300 – 600 €3-5 %
État hypothécaire et documents200 – 400 €2-3 %
Frais divers (copies, déplacements, etc.)500 – 1 000 €5-8 %
TOTAL CRÉANCIER POURSUIVANT6 580 – 15 150 €100 %
Frais à la charge de l’adjudicataire :
 
Poste de dépenseMontantBase de calcul
Prix d’adjudication145 000 – 200 000 €
Droits de mutation (DMTO)10 150 – 14 000 €7 % du prix
Taxe de publicité foncière580 – 800 €0,4 % du prix
Contribution de sécurité immobilière145 – 200 €0,1 % du prix
Frais d’avocat porteur d’enchères1 000 – 2 500 €Forfait ou %
Honoraires notaire (régularisation)1 450 – 2 000 €Barème dégressif
TOTAL ADJUDICATAIRE13 325 – 19 500 €~9-10 % du prix
Exemple de budget global – Copropriété marseillaise :
Bien adjugé à 162 000 €, dette initiale de 14 800 €
Coût total de la procédure :
  • Frais créancier (supportés par le débiteur) : 8 200 €
  • Frais adjudicataire : 15 780 €
  • Total frais : 23 980 € (soit 14,8 % du prix d’adjudication)
Point critique : si le syndicat devient adjudicataire faute d’enchérisseur, la copropriété doit supporter l’ensemble de ces coûts, créant un risque financier majeur réparti entre tous les copropriétaires via une hausse exceptionnelle des charges.

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Les solutions pour éviter la saisie immobilière en copropriété

Plusieurs solutions immoblières peuvent permettre d’éviter la saisie et la mise aux enchère de son appartement. On vous détaille chaque cas.

Le portage immobilier (vente à réméré) : la solution méconnue

Faire une vente à réméré(ou portage immobilier) constitue une alternative légale à la saisie, encadrée par les articles 1659 à 1673 du Code civil et les articles L321-1 et suivants du Code monétaire et financier.
Principe de fonctionnement :
  1. Le copropriétaire débiteur vend temporairement son lot à un investisseur professionnel
  2. Il perçoit immédiatement le prix pour solder ses dettes (dont les charges de copropriété)
  3. Il reste occupant du logement moyennant une indemnité d’occupation mensuelle
  4. Il conserve une faculté de rachat pendant une durée contractuelle (généralement 12 à 36 mois)
Conditions légales :
  • Durée maximale de rachat : 5 ans (article 1660 du Code civil)
  • Prix de rachat fixé à l’avance dans l’acte authentique (notaire obligatoire)
  • Faculté de rachat strictement personnelle (non cessible)
Exemple concret de vente à réméré :
Situation initiale :
  • Valeur du bien : 210 000 €
  • Dette totale (charges + autres créanciers) : 32 000 €
  • Hypothèque bancaire : 165 000 €
Transaction de réméré :
  • Prix de vente à l’investisseur : 140 000 € (66 % de la valeur)
  • Remboursement banque : 165 000 € (déficit de 25 000 € négocié)
  • Solde disponible pour le vendeur : 0 € (mais dettes soldées)
  • Indemnité d’occupation : 1 750 €/mois (1,25 % du prix)
  • Durée : 24 mois
  • Prix de rachat : 152 600 € (108,9 % du prix initial)
Bilan financier sur 24 mois :
  • Total indemnités versées : 1 750 × 24 = 42 000 €
  • Coût du rachat : 152 600 – 140 000 = 12 600 €
  • Coût total de l’opération : 54 600 € (26 % du prix initial)
Tableau comparatif : Saisie vs Réméré
 
CritèreSaisie immobilièreVente à réméré
Perte du bien✅ Définitive⚠️ Temporaire (rachat possible)
Prix obtenu60-80 % valeur marché selon le Service Public60-75 % valeur (décote investisseur) d’après Alterfi
Maintien dans le logement❌ Non✅ Oui (occupant)
Vitesse de résolution12-24 mois1 à 3 mois
Inscription aux fichiers✅ Oui (commandement publié)❌ Non
Impact sur le créditTrès lourd (interdit bancaire possible)Limité (opération discrète)
Coût globalFrais procédure + perte valeur : ~40-50 %Indemnités + décote : ~25-35 %
Contrôle du processus❌ Subi (décision judiciaire)✅ Négocié (accord contractuel)
Limites et risques du réméré ⚠️ :
  • Décote substantielle (25 à 40 % de la valeur réelle)
  • Indemnité d’occupation élevée : 1 à 1,5 % du prix mensuel selon Alterfi, soit 18-36 % sur 2 ans
  • Risque de perte définitive si impossibilité de racheter
  • Nécessité de vérifier la réputation de l’investisseur (éviter les abus et pratiques usuraires)
  • Le réméré ne fonctionne que si l’équité (valeur – dettes) est positive
Exemple de réméré impossible :
  • Valeur du bien : 180 000 €
  • Dette banque : 195 000 €
  • Charges impayées : 15 000 €
  • Équité négative : -30 000 € → aucun investisseur n’acceptera le réméré
Moment optimal : le réméré doit être déclenché avant la publication du commandement au fichier immobilier. Après cette publication, le bien devient indisponible et toute vente (y compris à réméré) nécessite l’autorisation du juge de l’exécution.

La vente amiable avant saisie : la voie la plus sûre

Moins spectaculaire mais plus efficace, la vente amiable classique permet au copropriétaire de :
  • Mettre son bien sur le marché au prix réel
  • Rembourser l’intégralité des dettes lors de l’acte notarié
  • Conserver l’excédent éventuel
Avantages chiffrés :
  • Prix de vente optimal : 95-100 % de la valeur marché
  • Évite les frais de procédure : économie de ~15 000 €
  • Préserve la réputation du débiteur
  • Délai : 3 à 6 mois (vs 12-24 mois pour une saisie)
Exemple de vente amiable avant saisie :
Mars 2026 : M. Dupont reçoit une mise en demeure pour 14 800 € de charges impayées
Avril 2026 : Il mandate une agence immobilière pour vendre son appartement
Mai 2026 : Compromis de vente signé à 205 000 €
Juillet 2026 : Signature de l’acte authentique
Distribution du prix :
  • Prix de vente : 205 000 €
  • Remboursement banque : 165 000 €
  • Paiement syndicat (charges + intérêts) : 15 200 €
  • Frais d’agence (4 %) : 8 200 €
  • Frais de notaire : 1 850 €
  • Reliquat pour M. Dupont : 14 750 €
Bilan comparatif :
  • Vente amiable avant saisie : +14 750 € pour le débiteur
  • Adjudication à 162 000 € : 0 € pour le débiteur
  • Gain de la vente amiable : 14 750 € + préservation de la réputation
Condition : accord du créancier poursuivant sur le prix minimum ou validation judiciaire à l’audience d’orientation.

Le dossier de surendettement : la soupape d’urgence

Le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France (formulaire CERFA 13584) peut suspendre temporairement la procédure selon le Service Public.
Effets juridiques :
  • Recevabilité prononcée sous ~3 semaines
  • Suspension automatique de toutes mesures d’exécution, y compris la saisie immobilière
  • Durée : jusqu’à la décision de la commission, puis pendant toute la durée du plan (jusqu’à 7 ans)
  • Gel des intérêts de retard pendant l’instruction du dossier
Conditions de recevabilité :
  • Être une personne physique (pas les sociétés)
  • Être de bonne foi
  • Être dans l’impossibilité manifeste de faire face à ses dettes non professionnelles
Limites importantes :
  • Si la vente du bien est indispensable au désintéressement des créanciers, la commission peut recommander la vente forcée
  • Incompatible avec une activité professionnelle indépendante (commerçant, artisan → liquidation judiciaire)
  • Inscription au Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) pendant toute la durée du plan
  • Impossibilité d’emprunter pendant 5 à 7 ans
Exemple de plan de surendettement :
Situation de Mme Leroux :
  • Revenus mensuels : 2 200 € net
  • Charges incompressibles : 1 400 €
  • Reste à vivre : 800 €
  • Dettes totales : 45 000 € (dont 12 000 € de charges de copropriété)
Plan accepté par la commission :
  • Durée : 60 mois
  • Mensualité : 450 €/mois
  • Total remboursé : 27 000 € (60 % des dettes)
  • Effacement des 18 000 € restants au terme du plan
Suspension de la saisie : La procédure de saisie immobilière est suspendue pendant 60 mois. Si Mme Leroux respecte le plan, les 18 000 € résiduels (dont une partie des charges) sont définitivement effacés.

Le rachat de crédit hypothécaire

Pour les copropriétaires dont le problème principal concerne un crédit immobilier plutôt que les charges de copropriété :
Solutions possibles :
  • Moratoire auprès de la banque (suspension des échéances 3 à 12 mois)
  • Allongement de la durée du prêt (baisse des mensualités)
  • Regroupement de crédits avec nouvelles garanties hypothécaires
Exemple de rachat de crédit :
Situation initiale :
  • Prêt immobilier : 165 000 € restant (mensualité 1 200 €)
  • Crédit auto : 8 500 € restant (mensualité 280 €)
  • Crédit consommation : 6 000 € restant (mensualité 220 €)
  • Total mensualités : 1 700 € (taux d’endettement 48 %)
Après rachat sur 22 ans :
  • Montant regroupé : 179 500 €
  • Nouvelle mensualité : 950 €
  • Gain mensuel : 750 € (capacité de payer les charges)
  • Taux d’endettement : 27 % (acceptable)
Délai d’action : dès le premier incident de paiement, avant toute procédure judiciaire. Après publication du commandement au fichier immobilier, l’accès au crédit devient quasi impossible.

Le plan de sauvegarde en copropriété (Loi ALUR)

Solution méconnue mais puissante lorsque toute la copropriété est en difficulté financière.
Critères de déclenchement :
  • Taux d’impayés supérieur à 25 % du budget prévisionnel
  • Difficulté grave de la copropriété (travaux urgents impossibles)
  • Risque de péril pour le bâtiment
Déclenchement : par le préfet sur saisine du syndic, du conseil syndical, de l’ARS ou de sa propre initiative
Effets du plan :
  • Étalement des dettes des copropriétaires défaillants sur 3 à 10 ans
  • Suspension des procédures de saisie individuelles pendant la durée du plan
  • Administration judiciaire possible si situation irréversible
  • Possibilité de travaux d’office pour mise en sécurité
Exemple de plan de sauvegarde :
Copropriété de 32 lots à Mulhouse :
  • Taux d’impayés : 38 % du budget (122 000 € sur 320 000 €)
  • 9 copropriétaires défaillants
  • Travaux urgents de ravalement : 180 000 €
Plan mis en place en 2025 :
  • Durée : 7 ans
  • Étalement des dettes anciennes : 450 €/mois/copropriétaire en moyenne
  • Suspension de 3 procédures de saisie en cours
  • Réalisation des travaux urgents financés par prêt collectif garanti par l’État
  • Administration provisoire confiée à un mandataire ad hoc pendant 3 ans
Résultat après 2 ans : Taux d’impayés ramené à 12 %, aucune saisie, copropriété stabilisée.

Tableau de synthèse des solutions alternatives

 
SolutionDélai moyenMaintien dans le logementPrix obtenuIdéale si…Limite principale
Vente à réméré1-3 mois✅ Oui (temporaire)60-75 %Besoin urgent de liquidités + projet de rachat crédibleDécote importante + indemnités élevées
Vente amiable3-6 mois❌ Non95-100 %Équité positive, pas de projet de rachatNécessite délai de vente
Surendettement BdF3-6 semaines (suspension)✅ TemporairementDettes multiples, revenus insuffisantsInscription FICP 5-7 ans
Rachat de crédit2-4 mois✅ OuiProblème de crédit immobilier uniquementAllongement durée totale
Plan de sauvegarde ALUR6-18 mois✅ OuiCopropriété entière en difficultéNécessite 25 % d’impayés
Vente forcée (saisie)12-24 mois❌ Non60-80 %Aucune autre solution possibleCoût élevé + perte définitive

Les droits du copropriétaire débiteur : comment se défendre efficacement ?

En tant que débiteur, vous avez des droits.

Avant la procédure : anticiper et agir

Le dossier de surendettement Banque de France :
  • Gel des mesures d’exécution pendant 2 ans si plan accepté
  • Contre-partie : interdiction de prêt, voire confiscation des moyens de paiement
  • Non-respect du plan → reprise immédiate de la saisie
La négociation d’un échéancier amiable :
  • Proposition écrite au syndic avant toute procédure
  • Échelonnement sur 12 à 36 mois généralement accepté
  • Exemple : 14 800 € étalés sur 24 mois = 617 €/mois au lieu du paiement comptant

À l’audience d’orientation : demander la vente amiable

La demande de vente amiable représente l’option la plus favorable dans la majorité des cas. Le juge peut accorder 4 à 7 mois pour finaliser la vente, permettant d’obtenir un meilleur prix que l’adjudication (gain de 20 à 40 % en moyenne).
Arguments à présenter :
  • Estimation récente par agent immobilier (moins de 3 mois)
  • Mandat de vente déjà signé ou promesse d’achat en cours
  • Capacité du marché local (nombre de ventes comparables récentes)
  • Écart important entre mise à prix (145 000 €) et valeur réelle (210 000 €)

Faire appel du jugement d’orientation

Délai strict : 15 jours suivant la notification du jugement d’après le Code des procédures civiles d’exécution
Procédure spécifique :
  • Appel à jour fixe, sans effet dévolutif (procédure accélérée)
  • Cour d’appel statue sous 1 mois maximum
  • ⚠️ Pas d’effet suspensif sur la vente forcée (les enchères peuvent avoir lieu)
Motifs d’appel recevables :
  • Irrégularité de la procédure (vice de forme du commandement)
  • Contestation du montant de la créance (charges non dues)
  • Mise à prix manifestement insuffisante (art. 2206 du Code civil)
  • Refus injustifié de la vente amiable
Exemple d’appel réussi :
M. Dupont fait appel du jugement refusant la vente amiable. La Cour d’appel d’Aix-en-Provence constate que :
  • Le juge n’a pas suffisamment motivé son refus
  • M. Dupont présentait une promesse d’achat sérieuse à 198 000 €
  • Décision : Infirmation du jugement, autorisation de vente amiable pour 4 mois

Le paiement de la dette jusqu’au dernier moment

Principe : Jusqu’au jour de l’adjudication, le copropriétaire peut solder l’intégralité de sa dette et arrêter définitivement la procédure selon le Service Public.
Montant à régler :
  • Dette principale (charges impayées)
  • Intérêts de retard capitalisés
  • Frais de procédure engagés et taxés
  • Pénalités éventuelles
Solutions de financement d’urgence :
  • Rachat de crédit express (15 jours à 1 mois)
  • Prêt personnel (si capacité d’endettement suffisante)
  • Aide familiale (don ou prêt familial)
  • Vente volontaire ultra-rapide (compromis sous conditions suspensives courtes)
  • Mobilisation épargne (assurance-vie, PEA, etc.)
Exemple de sauvetage in extremis :
10 octobre 2026 : Audience d’adjudication prévue le 15 octobre
12 octobre 2026 : M. Dupont obtient un accord de principe de rachat de crédit pour 195 000 €
13 octobre 2026 : Offre de prêt éditée
14 octobre 2026 : M. Dupont consigne 18 500 € (dette + frais) chez l’avocat du syndicat
15 octobre 2026 : À l’audience, le juge constate le paiement intégral et prononce la mainlevée de la saisie. La procédure est définitivement arrêtée.

Les cas particuliers à maîtriser

Que se passe-t-il si le lot est loué ?

Bail signé avant la saisie :
  • Opposable à l’adjudicataire (le locataire conserve tous ses droits)
  • Le bail continue dans les mêmes conditions
  • L’adjudicataire devient le nouveau bailleur
Bail signé pendant la procédure :
  • En principe non opposable (jurisprudence CA Bordeaux, 14 juin 2023, n° 21/04532)
  • Exception : si l’acquéreur accepte implicitement le bail (encaissement de loyers sans protestation pendant 3 mois)
Exemple problématique :
Un copropriétaire signe un bail le 15 mars 2026 alors que le commandement a été publié le 20 janvier 2026. L’adjudication a lieu le 15 octobre 2026 à un investisseur. Le locataire refuse de partir en invoquant son bail.
Décision du tribunal : Le bail signé après publication du commandement est inopposable. L’adjudicataire peut demander l’expulsion du locataire sans avoir à respecter le bail. Délai d’expulsion : 2 à 6 mois selon situation.

Que se passe-t-il si le copropriétaire est décédé (succession vacante) ?

La saisie immobilière devient l’unique recours pour le syndicat lorsque :
  • Le défunt n’a pas d’héritiers connus
  • Les héritiers ont renoncé à la succession
  • La succession est déclarée vacante
Procédure spécifique :
  1. Nomination d’un curateur à la succession vacante par le tribunal judiciaire
  2. Le syndic poursuit la procédure contre le curateur (représentant la succession)
  3. Le produit de la vente sert à payer les créanciers selon l’ordre légal
  4. L’excédent éventuel revient à l’État
Exemple concret :
M. Martin, propriétaire du lot n°12, décède en janvier 2026 sans héritiers. Il doit 22 000 € de charges. Le syndic :
  1. Déclare la créance au notaire chargé de la succession (février 2026)
  2. Constate que les héritiers renoncent à la succession (avril 2026)
  3. Saisit le tribunal pour nomination d’un curateur (mai 2026)
  4. Engage la saisie immobilière contre le curateur (juillet 2026)
  5. Le lot est adjugé en mai 2027 à 138 000 €
  6. Le syndicat récupère l’intégralité de sa créance

Que se passe-t-il si le lot est en indivision ?

Principe : Chaque indivisaire est responsable de sa quote-part de charges proportionnelle à ses droits dans l’indivision.
Cas d’une saisie sur quote-part :
  • Le syndicat peut saisir uniquement la quote-part du débiteur (impossible de saisir la totalité du lot)
  • L’adjudicataire entre en indivision avec les autres copropriétaires → complexité juridique majeure
  • Risque : l’adjudicataire peut ensuite demander le partage judiciaire de l’indivision (vente forcée du lot entier)
Exemple problématique :
Lot n°8 en indivision :
  • M. Dubois : 50 % (ne paie pas les charges)
  • Mme Dubois : 50 % (à jour de ses paiements)
Dette totale : 18 000 € → M. Dubois doit 9 000 € (sa quote-part)
Saisie de la quote-part : La quote-part de 50 % de M. Dubois est saisie et adjugée à 72 000 € (50 % de la valeur totale de 144 000 €).
Situation après adjudication :
  • Mme Dubois : 50 % (indivisaire d’origine)
  • Adjudicataire : 50 % (nouvel indivisaire)
L’adjudicataire peut alors demander le partage judiciaire pour sortir de l’indivision → vente forcée du lot entier, prix réparti entre Mme Dubois et l’adjudicataire (50 % chacun).

Que se passe-t-il si d’autres créanciers saisissent avant le syndicat ?

Le syndicat peut se « greffer » à la procédure existante tout en conservant son super-privilège pour les charges de l’année en cours + 2 ans d’après l’article 2374 du Code civil.
Procédure de greffe :
  1. Le syndicat prend connaissance de la saisie existante (publication au fichier immobilier)
  2. Il déclare sa créance dans les 2 mois de la dénonciation
  3. Il participe à la distribution du prix selon son rang privilégié
Exemple de greffe :
Janvier 2026 : Une banque publie un commandement de payer pour une dette de 180 000 €
Février 2026 : Le syndicat est dénoncé de cette saisie (il est créancier inscrit via son privilège)
Mars 2026 : Le syndicat déclare sa créance de 16 000 € (charges 2023-2026)
Octobre 2026 : Adjudication à 175 000 €
Distribution :
  • Frais de justice : 5 500 €
  • Super-privilège syndicat (2024-2026) : 11 200 €
  • Banque : 158 300 € (solde disponible, créance non totalement payée)
  • Syndicat (2023) : 0 € (plus de fonds disponibles)
Le syndicat récupère 70 % de sa créance grâce à son super-privilège, même si la banque a engagé la procédure en premier.

Acheter un lot aux enchères après saisie : guide complet de l’acquéreur

Acheter un lot aux enchères après saisie peut s’avérer une bonne affaire, encore faut-il éviter les différents pièges.

Comment trouver les ventes aux enchères judiciaires ?

Sources d’information officielles :
  • Journaux d’annonces légales (JAL) du département
  • Sites spécialisés :
    • licitor.fr (plateforme de référence)
    • encheres-publiques.com
    • agorastore.fr (biens publics)
  • Avocats intervenant pour le créancier poursuivant (cabinets spécialisés)
  • Greffe du tribunal judiciaire (affichage physique obligatoire)
Délai de publication : 1 à 2 mois avant l’audience d’adjudication d’après le Code des procédures civiles d’exécution

Les conditions pour enchérir

Prérequis obligatoires selon le Code :
  • Être majeur et capable juridiquement (pas de tutelle/curatelle)
  • Recourir à un avocat du barreau du lieu de vente (même règle que le créancier)
  • Présenter un chèque de banque de 10 % de la mise à prix (minimum 3 000 €) à l’ordre du Bâtonnier séquestre
  • Chèque distinct pour les frais de vente (ordre CARPA)
  • Ne pas être frappé d’une interdiction d’acquérir (faillite personnelle, etc.)
Personnes interdites d’enchérir :
  • Le débiteur saisi lui-même
  • Les magistrats du tribunal organisant la vente
  • Les auxiliaires de justice intervenus dans la procédure (avocat poursuivant, commissaire de justice, notaire)
⚠️ Absence de condition suspensive d’obtention de prêt : contrairement à une vente classique, l’adjudication est définitive immédiatement. Vérifier impérativement le financement avant d’enchérir.
Budget total à prévoir :
 
PosteMontant% du prix d’adjudication
Prix d’adjudication162 000 €100 %
Droits de mutation (DMTO)11 340 €7 %
Taxes et contributions1 134 €0,7 %
Frais d’avocat porteur1 500 €0,9 %
Honoraires notaire1 620 €1 %
Diagnostics complémentaires800 €0,5 %
TOTAL À DÉBOURSER178 394 €110,1 %

Les risques spécifiques à connaître

Risques majeurs :
  1. Présence de locataires : Vérifier la date des baux (avant ou après saisie). Un bail antérieur est opposable et peut bloquer la jouissance du bien pendant plusieurs années.
  2. Occupation par le débiteur saisi : Nécessite une procédure d’expulsion (2 à 8 mois supplémentaires + frais de 1 500 à 3 000 €)
  3. Surenchère au dixième : Dans les 10 jours suivant l’adjudication, toute personne peut surenchérir de 10 % minimum selon le Service Public. Risque de perdre le bien après avoir mobilisé le financement.
  4. État du bien dégradé : Absence fréquente d’entretien, impayés de charges créant des tensions avec la copropriété
  5. Charges de copropriété élevées : Vérifier les budgets prévisionnels des 3 dernières années
  6. Travaux votés non provisionnés : Le nouvel acquéreur doit payer les appels de fonds pour travaux votés avant la vente
Exemple de calcul d’un investissement aux enchères :
Bien adjugé : 162 000 € Frais d’acquisition : 16 394 € Travaux de remise en état : 28 000 € (cuisine, salle de bain, sols) Frais d’expulsion du débiteur : 2 500 € Total investi : 208 894 €
Valeur après travaux : 245 000 € Plus-value brute : 36 106 € (17,3 % du capital investi) Durée de l’opération : 8 mois (adjudication + expulsion + travaux)
Rentabilité locative potentielle :
  • Loyer mensuel estimé : 1 050 €
  • Rendement brut : (1 050 × 12) / 208 894 = 6,03 %
  • Charges copropriété : 1 800 €/an
  • Rendement net de charges : 5,17 %

Conseils pratiques pour réussir son acquisition

Avant l’enchère :
  1. Visiter impérativement le bien (demander au syndic ou à l’avocat poursuivant)
  2. Consulter les PV d’AG des 3 dernières années (disponibles au greffe)
  3. Vérifier les charges courantes et les travaux votés
  4. Obtenir un accord de principe bancaire ferme et définitif
  5. Prévoir une marge de sécurité de 15-20 % sur le budget travaux
Le jour de l’enchère :
  1. Se présenter 30 minutes avant l’audience pour rencontrer son avocat
  2. Remettre le chèque de 10 % et signer le mandat
  3. Définir un prix maximum absolu et s’y tenir
  4. Vérifier l’identité des autres enchérisseurs (nombre d’avocats présents)
Après l’adjudication :
  1. Consigner le prix dans les 2 mois maximum
  2. Payer les frais et droits de mutation
  3. Prendre possession du bien (expulsion si nécessaire)
  4. Régulariser la situation auprès de la copropriété (informer le syndic)
La saisie immobilière en copropriété demeure une procédure exceptionnelle mais parfois inévitable face à des impayés chroniques.

Longue (12 à 24 mois), coûteuse (10 000 à 25 000 € de frais) et risquée (le syndicat peut devenir adjudicataire de droit), elle doit être envisagée comme un ultime recours après épuisement des voies amiables et des saisies mobilières.

Dans tous les cas, l’accompagnement d’un avocat spécialisé en droit immobilier est essentiel pour sécuriser la procédure, défendre ses droits et éviter les pièges juridiques. La saisie immobilière en copropriété reste un domaine technique où l’expertise juridique fait la différence entre une opération réussie et un échec coûteux.

On répond à vos questions

En pratique, rarement en dessous de 10 000 € vu le coût important de la procédure (6 000 à 15 000 €) selon le Cabinet Tumerelle. Le juge vérifie la proportionnalité entre la dette et la valeur du bien saisi.

Non, l’article 55 du décret du 17 mars 1967 impose un vote en AG portant sur 4 résolutions distinctes (principe, mise à prix, créances douteuses, budget).

Entre 12 et 24 mois en moyenne d’après , selon la complexité et les éventuelles contestations. Délai minimal : 10,5 mois. Délai maximal observé : 27 mois.

Oui, jusqu’au jour de l’adjudication en soldant l’intégralité de la dette (principal + intérêts + frais engagés) selon le Service Public. Après l’adjudication, c’est trop tard.

Le syndicat devient adjudicataire de droit et doit payer la mise à prix + droits de mutation + frais. Coût total pour la copropriété : mise à prix × 1,10 environ.

Jusqu’à l’adjudication : oui, il conserve l’usage du bien. Après l’adjudication : non, sauf accord express de l’acquéreur. L’adjudicataire dispose d’un titre d’expulsion exécutoire dès la consignation du prix.

Il prime sur tous les créanciers, même la banque, pour l’année en cours + 2 années antérieures selon l’article 2374 du Code civil. Pour les 2 années supplémentaires (jusqu’à 4 ans au total), le syndicat conserve un privilège mais en concurrence avec les créanciers hypothécaires.

Non. Le prix d’adjudication sert à payer les créanciers selon leur rang. L’acquéreur repart avec un lot « purgé » des dettes antérieures du vendeur. Il n’est redevable que des charges postérieures à son acquisition.

Oui, avant toute procédure judiciaire. Une fois le titre exécutoire obtenu et le commandement publié, la marge de négociation devient très limitée (nécessite l’accord de l’assemblée générale).

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